Même pas eu froid cette nuit, malgré l'altitude. Je m'étais donné de la peine pour trouver un endroit abrité du vent. Une bonne grosse pause café tout de suite au village de Taverna. La première crevaison ! Et ce n'était même pas une épine (que j'aurais bien méritée), mais un défaut de la chambre à air. Comme chaque fois, l'arrivée près d'une grande ville est déroutante pour un européen du nord. La gestion des détritus est... déconcertante. Bref c'est de nouveau très sale.
La circulation est importante, personne n'a vu de vélo en vrai ici depuis au moins l'époque des Romains, pour autant je ne me sens jamais en danger. Pas le moindre refus de priorité, même dans les gros giratoires.
J'arrive assez tôt, je me pose sur le bord de mer pour attendre l'heure du "check-in". Enfin une journée où je fais autre chose que appuyer sur des pédales.
Après la douche je vais à la gare pour acheter mon billet pour aller à Reggio puis à Messine demain. Horreur : "domani è lo sciopero". La grève des trains 😲. La guichetière fait tout ce qu'elle peut. En fait elle n'a aucune information fiable. Peut-être le train de 5h30, mais pas certain qu'il prenne les vélos... et combien même, aucune information sur le passage entre Reggio et Messine avec un vélo. Ça commence à faire beaucoup d'incertitudes. Je fais chauffer le téléphone pour trouver des solutions, rien de clair...
L'envie de tout arrêter et de rentrer commence à montrer le bout de son nez, mais techniquement ce n'est pas si facile.. L'heure de manger arrive, et la pizzeria où je suis a de la Kwak à la pression 🍺🥳. Bon, la Kwak c'est pas de la bière italienne, il ne faut pas en boire deux, pourtant c'est bien ce que je fais.
Finalement j'ai un plan pour demain : je tente le train de 5h30, le seul susceptible d'exister, sinon je reste un jour de plus ici, un de moins à Messine.
Mais je prends conscience que quand je ne pédale pas, je passe tout mon temps à régler des problèmes sur le téléphone...